Corridors du thé au Sahel : Mali, Burkina Faso et Niger
Thé au Sahel : la Chine a déclaré 22 176 t de thé pour le Mali, le Niger et le Burkina Faso en 2025. Corridors portuaires, transit TRIE, règles hors CEDEAO.
L'essentiel
- La Chine a déclaré 22 176 tonnes de thé, pour 75,9 millions de dollars, à destination du Mali, du Niger et du Burkina Faso en 2025, contre 9 066 tonnes en 2015, selon les statistiques d'exportation que la Chine communique à UN Comtrade.
- En 2024, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont enregistré 25 404 tonnes de thé importé de Chine, soit 1,49 fois les 17 052 tonnes que la Chine a déclarées pour eux, contre 3,99 fois en 2019 (calcul de The Tea Trade d'après UN Comtrade).
- Le ministère chinois du Commerce chiffre à 1 270 km la route Bamako-Dakar et à 1 115 km la route Bamako-Abidjan, qui assurent l'essentiel des importations et des exportations du Mali, et indique que le chemin de fer Dakar-Bamako est à l'arrêt depuis mai 2018.
- En vertu de la convention A/P.4/5/82 de la CEDEAO du 29 mai 1982, les marchandises en transit routier inter-États traversent les États membres en franchise de droits et taxes, sous une seule déclaration et sous scellés, contre une garantie couvrant au moins les droits et taxes exigibles.
- Le 29 janvier 2025, jour du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la CEDEAO a demandé aux autorités de continuer à traiter les marchandises de ces trois pays selon son schéma de libéralisation des échanges jusqu'à ce que ses chefs d'État fixent les modalités des relations futures ; en juillet 2026, ceux-ci ont prolongé jusqu'en décembre 2026 le mandat de leur négociateur en chef.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger n’ont pas d’accès à la mer : leur thé chinois débarque dans un port comme Dakar, Abidjan, Lomé ou Cotonou, puis gagne l’intérieur par la route, ou par le rail depuis Abidjan, sous le régime du transit douanier. La Chine a déclaré 22 176 tonnes de thé pour ces trois pays en 2025, pour 75,9 millions de dollars, contre 9 066 tonnes en 2015, selon les chiffres qu’elle communique à UN Comtrade ; or, chaque année de 2017 à 2024, les trois pays ont enregistré davantage de thé chinois que la Chine n’en déclarait pour eux. Ils ont quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le 29 janvier 2025. En octobre 2026, leurs dernières données tarifaires, celles de 2023, affichaient un droit de 10 % sur le thé vert, et aucun texte officiel trouvé n’avait remplacé la demande formulée ce jour-là par la CEDEAO de continuer à traiter leurs marchandises selon son schéma de libéralisation des échanges.
Exportations chinoises de thé vers le Mali, le Niger et le Burkina Faso, 2015-2025
Dans les statistiques d’exportation chinoises, les trois marchés figurent sous les noms de 马里 (Mali), 尼日尔 (Niger) et 布基纳法索 (Burkina Faso). En dix ans, le thé que la Chine a déclaré pour eux a progressé de 144,6 %, et leur part dans le volume de thé exporté par la Chine est passée de 2,8 % à 5,3 % (calcul de The Tea Trade d’après UN Comtrade). Le Niger a connu la croissance la plus rapide, jusqu’à 4,1 fois son volume de 2015, et a reçu plus de thé chinois que le Mali cinq années sur les sept dernières. Les volumes maliens varient davantage : 11 956 tonnes en 2023, 6 608 tonnes en 2024 (−44,7 %), puis 10 326 tonnes en 2025 (+56,3 %). Le Burkina Faso reçoit de 429 à 1 119 tonnes par an.
Exportations chinoises de thé vers le Mali, le Niger et le Burkina Faso, 2015-2025 (SH 0902, en tonnes, et valeur totale en millions de dollars ; source : UN Comtrade, chiffres déclarés par la Chine)
| Année | Mali | Niger | Burkina Faso | Total (t) | Valeur totale (millions de dollars) |
|---|---|---|---|---|---|
| 2015 | 5 888,3 | 2 703,8 | 474,2 | 9 066,3 | 41,1 |
| 2016 | – | – | – | – | 33,2 |
| 2017 | 4 972,6 | 1 986,3 | 542,5 | 7 501,4 | 30,6 |
| 2018 | 5 591,2 | 2 004,0 | 429,3 | 8 024,5 | 32,1 |
| 2019 | 3 771,9 | 4 013,2 | 664,1 | 8 449,1 | 31,2 |
| 2020 | 3 230,3 | 4 729,7 | 744,4 | 8 704,4 | 28,2 |
| 2021 | 5 496,0 | 6 011,7 | 566,9 | 12 074,6 | 45,2 |
| 2022 | 9 249,0 | 7 296,8 | 930,1 | 17 475,9 | 64,2 |
| 2023 | 11 956,4 | 6 767,8 | 1 119,4 | 19 843,7 | 70,1 |
| 2024 | 6 608,4 | 9 736,6 | 706,8 | 17 051,8 | 53,5 |
| 2025 | 10 325,9 | 11 081,8 | 768,6 | 22 176,2 | 75,9 |
Pour 2016, les poids chinois figurant dans UN Comtrade sont des estimations de l’ONU, non des chiffres déclarés, et ne sont pas repris. Totaux et variations : calcul de The Tea Trade.
En 2025, la Chine a déclaré 99,8 % de son thé destiné au Mali et la totalité de son thé destiné au Burkina Faso comme thé vert en emballages de 3 kg au plus (SH 0902.10), et aucun thé noir pour les trois pays. Le Niger fait exception : 3 925 tonnes, soit 35,4 % de son thé, ont été déclarées comme thé vert présenté autrement (SH 0902.20), la sous-position qui couvre les emballages de plus de 3 kg. Dans ses guides pays de 2025, le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) range le thé parmi les principaux produits que la Chine exporte vers le Mali et vers le Niger. Les autres marchés de la Chine sont comparés dans notre guide des marchés d’exportation du thé chinois.
Ce qu’enregistrent le Mali, le Niger et le Burkina Faso : plus de thé que la Chine n’en déclare
Les trois pays déclarent leurs importations à UN Comtrade, et chaque année de 2017 à 2024 ils ont enregistré plus de thé en provenance de Chine que la Chine n’en déclarait pour eux : de 3,7 à 4,0 fois plus en 2017-2020, 2,9 fois plus en 2021, puis de 1,3 à 1,7 fois plus en 2022-2024 (calcul de The Tea Trade).
Le thé de Chine vers le Mali, le Niger et le Burkina Faso : déclarations chinoises et chiffres des trois pays (SH 0902, en tonnes ; source : UN Comtrade)
| Année | Déclaré par la Chine | Enregistré par le Mali | Enregistré par le Niger | Enregistré par le Burkina Faso | Total enregistré |
|---|---|---|---|---|---|
| 2017 | 7 501,4 | 16 314,7 | 10 586,7 | 3 424,1 | 30 325,6 |
| 2018 | 8 024,5 | 16 455,1 | 10 620,1 | 2 757,3 | 29 832,5 |
| 2019 | 8 449,1 | 18 820,7 | 13 458,6 | 1 405,8 | 33 685,2 |
| 2020 | 8 704,4 | 21 014,7 | 9 961,9 | 1 319,0 | 32 295,6 |
| 2021 | 12 074,6 | 21 654,4 | 10 340,7 | 3 388,1 | 35 383,2 |
| 2022 | 17 475,9 | 17 311,1 | 7 900,7 | 5 113,8 | 30 325,6 |
| 2023 | 19 843,7 | 12 879,4 | 7 970,5 | 4 174,3 | 25 024,2 |
| 2024 | 17 051,8 | 9 499,8 | 11 950,8 | 3 953,7 | 25 404,3 |
Le poids de 2021 du Burkina Faso est une estimation de l’ONU. En octobre 2026, seul le Niger avait publié ses chiffres de 2025 : 8 397 tonnes en provenance de Chine, moins que les 11 082 tonnes déclarées par la Chine pour lui.
Source : UN Comtrade, chiffres déclarés par la Chine et par le Mali, le Niger et le Burkina Faso (2017-2024)
Les recommandations des Nations unies sur les statistiques du commerce international (IMTS 2010) expliquent comment naît un tel écart : l’importateur enregistre le pays d’origine, l’exportateur la dernière destination connue au départ des marchandises, et les marchandises qui ne font que traverser un pays sont exclues de ses importations. Du thé déclaré par la Chine pour un pays côtier puis revendu à Bamako ou à Niamey compte donc comme une vente à ce pays dans les chiffres chinois, et comme une importation de Chine dans les chiffres maliens ou nigériens. La Côte d’Ivoire présente l’écart inverse : en 2025, la Chine a déclaré pour elle 16 701 tonnes de thé, 12,6 fois les 1 322 tonnes que la Côte d’Ivoire a enregistrées en provenance de Chine (calcul de The Tea Trade d’après les données d’UN Comtrade consultées en octobre 2026). Les déclarations chinoises pour les trois pays sont passées du quart de ce qu’ils enregistraient en 2019 à 79,3 % en 2023 et 67,1 % en 2024 : cela cadre avec une part croissante du thé destiné au Sahel déclarée pour sa destination finale, mais il s’agit d’une interprétation, non d’un fait mesuré.
Les valeurs divergent plus encore : en 2024, les trois pays ont évalué leur thé chinois à 1,18 dollar le kilo, coût, assurance et fret compris (CAF), contre 3,14 dollars le kilo franco à bord (FOB) dans les déclarations chinoises (valeur ÷ volume ; calcul de The Tea Trade), et les statistiques n’expliquent pas cet écart. La Chine a fourni 90,8 % du volume de thé importé par le Mali en 2024 et 96,1 % de celui du Niger en 2025, mais seulement 57,4 % des 6 890 tonnes du Burkina Faso en 2024, l’Inde en assurant 37,0 %.
Les corridors portuaires vers Bamako, Ouagadougou et Niamey
Les guides pays 2025 du MOFCOM (对外投资合作国别(地区)指南) décrivent les voies d’accès à la mer de chaque pays.
Principaux corridors de transport du Mali, du Burkina Faso et du Niger (source : guides pays du MOFCOM, éditions 2025)
| Pays enclavé | Débouché | Itinéraire et distance | Situation selon les guides |
|---|---|---|---|
| Mali | Dakar (Sénégal) | Route, 1 270 km ; chemin de fer jusqu’à Koulikoro par Bamako, 1 287 km | Route : l’un des deux grands axes ; rail à l’arrêt depuis mai 2018 |
| Mali | Abidjan (Côte d’Ivoire) | Route, 1 115 km | L’un des deux grands axes |
| Mali | Lomé (Togo) | Route par le Burkina Faso, 1 600 km | Autre voie |
| Mali | Conakry (Guinée) | Route, 1 100 km | Autre voie |
| Burkina Faso | Ghana | Route de Ouagadougou par Pô | Principal axe d’importation et d’exportation |
| Burkina Faso | Abidjan | Chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya, 1 260 km | Fret seulement depuis la COVID-19 |
| Burkina Faso | Togo, Bénin | Route par Fada N’Gourma | Axe international |
| Niger | Cotonou (Bénin) | Route, 1 060 km | Inutilisable : frontière fermée depuis juillet 2023 |
| Niger | Lomé | Route par Fada N’Gourma, 1 245 km | Axe international |
| Niger | Abidjan | Route jusqu’à Ouagadougou, 540 km, puis rail, 1 145 km | Axe international |
| Niger | Lagos (Nigeria) | Route par Maradi jusqu’à Kano, puis rail | Axe international |
Selon le MOFCOM, les routes de Dakar et d’Abidjan assurent l’essentiel des importations et des exportations du Mali, et le chemin de fer Dakar-Bamako ne circule plus depuis mai 2018. Les chiffres du transit du port d’Abidjan vers le Mali et le Burkina Faso figurent dans notre guide sur les importations de thé de la Côte d’Ivoire, et la principale route du Burkina Faso vers la mer mène au Ghana, dont le commerce du thé est présenté dans notre guide sur les importations de thé vert du Ghana.
Les marchandises du Niger transitent surtout par le Bénin et le Togo, selon le MOFCOM, mais la frontière entre le Niger et le Bénin est fermée depuis juillet 2023, ce qui rend la voie de Cotonou inutilisable. Le 16 juin 2026, les comités d’experts des deux pays ont remis à leurs chefs d’État leurs rapports sur sa réouverture, selon un communiqué conjoint des deux gouvernements ; celui-ci ne donnait aucune date de réouverture, et aucune annonce officielle de réouverture n’avait été trouvée en octobre 2026. Les durées de traversée de la Chine vers ces ports sont comparées dans notre guide sur les délais de transport du thé entre la Chine et l’Afrique. Le transit vers le Tchad est présenté dans notre guide sur les importations de thé du Cameroun et du Tchad.
Le transit du thé : le régime TRIE de la CEDEAO
Le thé destiné aux trois pays traverse un État côtier en transit douanier, droits suspendus, et acquitte les droits dans le pays de destination. Le cadre commun est le régime de transit routier inter-États (TRIE) de la CEDEAO, institué par la convention A/P.4/5/82, signée à Cotonou le 29 mai 1982 au nom des États membres, dont le Mali, le Niger et la Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso. Les marchandises circulent par la route d’un bureau de douane d’un État membre à celui d’un autre, à travers d’autres États, en franchise de droits, de taxes et de restrictions pendant le transit :
- Une déclaration et des scellés. Les marchandises voyagent sous une déclaration TRIE établie sur un carnet numéroté de quatre feuillets, sous scellés, selon un itinéraire et dans un délai fixés par le bureau de départ ; les bureaux de passage vérifient les scellés et ne contrôlent les marchandises qu’en cas de soupçon d’irrégularité (articles 5, 6, 14, 15 et 18).
- Pas de déchargement en route, sauf sous contrôle douanier ou après un accident (articles 1er et 20 à 23).
- Une garantie couvrant au moins les droits et taxes exigibles et les pénalités éventuelles (article 27). La convention additionnelle A/SP.1/5/90, signée à Banjul le 29 mai 1990, a institué une chaîne de garants nationaux, et chaque garantie couvre une seule opération, du bureau de départ au bureau de destination finale (articles 3 et 4).
- Des itinéraires convenus : chaque État arrête avec ses voisins la liste des itinéraires et des bureaux de douane ouverts au transit inter-États (article 39).
Le 22 juin 2025, les chefs d’État de la CEDEAO ont demandé la pleine mise en service, dans toute la région, du système interconnecté de gestion des marchandises en transit (SIGMAT).
Le Code des douanes du Mali, loi n° 2022-013 du 23 juin 2022, définit le transit international comme le transport de marchandises sous douane en suspension des droits, taxes et mesures de prohibition, et dispose que le transit routier entre le Mali et un État membre de la CEDEAO est régi par le régime en vigueur au sein de la CEDEAO (article 195). En octobre 2026, la douane malienne publiait toujours, comme règles du transit, l’arrêté n° 09-3014/MEF-SG du 19 octobre 2009.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger après la CEDEAO : ce qui est en vigueur (octobre 2026)
Les chefs d’État de la CEDEAO ont pris acte le 15 décembre 2024 qu’en application de l’article 91 du traité révisé de 1993, les trois pays cesseraient d’être membres le 29 janvier 2025.
Décisions officielles sur les échanges avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, de décembre 2024 à juillet 2026 (sources : CEDEAO, présidence malienne, MOFCOM ; vérifié en octobre 2026)
| Date | Auteur | Contenu |
|---|---|---|
| 15 décembre 2024 | Chefs d’État de la CEDEAO, 66e session ordinaire | Fin de l’appartenance le 29 janvier 2025 ; période de transition du 29 janvier au 29 juillet 2025 |
| 29 janvier 2025 | Communiqué de presse de la CEDEAO | Marchandises et services des trois pays à traiter selon le schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO (SLEC) et sa politique d’investissement, jusqu’à ce que les chefs d’État fixent les modalités des relations futures |
| 28 mars 2025 | Alliance des États du Sahel (AES), confédération des trois pays, selon le MOFCOM | Prélèvement de 0,5 % sur la valeur en douane des importations extérieures à la Confédération ; exonération des produits originaires de l’AES, de l’aide humanitaire, des biens diplomatiques et des marchandises en transit |
| 16 avril 2025 | Mali, Conseil des ministres | Évoque la mise en place du prélèvement confédéral, sans en donner le taux |
| 22 juin 2025 | Chefs d’État de la CEDEAO, 67e session ordinaire | Un négociateur en chef pour un retrait ordonné qui limite les perturbations du marché régional |
| 23 mars 2026 | CEDEAO | Nomination de Lansana Kouyaté comme négociateur en chef |
| 19 juillet 2026 | Chefs d’État de la CEDEAO, 69e session ordinaire | Mandat du négociateur prolongé jusqu’en décembre 2026 ; négociations avec les trois pays en bloc uniquement |
Le guide Niger du MOFCOM date le prélèvement du 1er avril 2025, et le texte de la décision de l’AES n’a été trouvé sur aucun site officiel.
Tarif. Aucun texte officiel trouvé n’a modifié le droit sur le thé. Les trois pays ont déclaré un droit de 10 % sur le thé vert, en emballages ou en vrac, pour chaque année de données tarifaires de 2001 à 2023, dernière année disponible en octobre 2026 (base TRAINS de la CNUCED). Ils restent membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le tarif extérieur commun s’applique depuis le 1er janvier 2000, selon le MOFCOM. Le Code des douanes malien définit le tarif extérieur commun comme celui de la CEDEAO, et en octobre 2026 le site de la douane malienne présentait toujours le tarif de la CEDEAO, dans un fichier daté du 5 avril 2023 ; le guide Niger 2025 du MOFCOM indique un droit de 10 % sur le thé vert. Les prélèvements et la TVA dus à l’arrivée, ainsi que la question du prélèvement de la CEDEAO, sont traités dans notre guide des droits de douane sur le thé en Afrique de l’Ouest.
Transit. Aucun texte officiel trouvé ne dit si, ni comment, la convention TRIE s’applique depuis le 29 janvier 2025 aux marchandises destinées aux trois pays. Le communiqué de la CEDEAO de ce jour-là traite des marchandises en provenance de ces pays et ne mentionne pas le transit, et le Code des douanes malien renvoie toujours le transit routier avec les États de la CEDEAO au régime de la CEDEAO.
En pratique, pour exporter du thé vers le Sahel
- La destination sur la déclaration d’exportation. La Chine enregistre la dernière destination connue au départ du thé : du thé déclaré pour Dakar et revendu à Bamako compte comme une vente au Sénégal. Convenez avec l’acheteur du pays à inscrire sur la déclaration.
- L’itinéraire. Choisissez le port avec l’acheteur et le transitaire, et vérifiez l’état de la frontière entre le Bénin et le Niger avant d’acheminer du thé pour le Niger par Cotonou.
- Le transit. Attendez-vous à une suspension des droits dans le pays côtier contre une garantie, et à leur paiement à Bamako, Ouagadougou ou Niamey.
- Les contrôles avant expédition. Selon la douane malienne, le Mali a mis fin à l’inspection avant embarquement : depuis le 1er janvier 2018, une société mandatée par l’État ne contrôle plus que les documents d’importation, et les marchandises passent au scanner à l’arrivée. Les procédures d’importation du Burkina Faso publiées sur le portail du ministère du Commerce, mises à jour fin 2024, ne prévoient aucune inspection avant l’expédition, mais aucun texte mettant fin au programme d’inspection de 2004 n’a été trouvé, et la douane perçoit toujours une contribution au programme de vérification de 1 % de la valeur FOB. Demandez à l’acheteur quel programme s’applique. Notre guide de l’inspection avant embarquement du thé en Afrique compare les règles pays par pays.
- Les prélèvements. Prévoyez le droit de 10 %, les prélèvements et la TVA du pays de destination, et demandez à sa douane si les prélèvements de l’AES et de la CEDEAO sont perçus.
Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal : faites confirmer l’itinéraire, la procédure de transit, les documents et les taux par un commissionnaire en douane du pays de destination avant chaque expédition.
Questions fréquentes
Comment le thé chinois arrive-t-il au Mali, au Burkina Faso et au Niger ?
Par la mer jusqu'à un port côtier, puis par la route, ou par le rail d'Abidjan à Ouagadougou, sous le régime du transit douanier. Le ministère chinois du Commerce cite Dakar et Abidjan comme les deux grands axes du Mali, la route du Ghana par Pô comme principal axe d'importation du Burkina Faso, et le Bénin et le Togo comme débouchés habituels du Niger, dont la frontière avec le Bénin est pourtant fermée depuis juillet 2023.
Combien de thé la Chine exporte-t-elle vers le Mali, le Niger et le Burkina Faso ?
En 2025, la Chine a déclaré 11 082 tonnes de thé pour le Niger, 10 326 tonnes pour le Mali et 769 tonnes pour le Burkina Faso, soit 22 176 tonnes pour 75,9 millions de dollars (UN Comtrade). Chaque année de 2017 à 2024, les trois pays ont enregistré davantage de thé chinois que la Chine n'en déclarait pour eux.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger appliquent-ils encore le tarif de la CEDEAO ?
Leurs dernières données tarifaires, celles de 2023, affichent un droit de 10 % sur le thé vert, comme chaque année depuis 2001 (base TRAINS de la CNUCED), et en octobre 2026 le site de la douane malienne présentait toujours le tarif extérieur commun de la CEDEAO comme son tarif. Le ministère chinois du Commerce signale aussi un prélèvement de l'AES de 0,5 % sur les importations extérieures à la Confédération, daté du 28 mars 2025 dans son guide sur le Mali et du 1er avril 2025 dans celui sur le Niger ; aucun texte officiel de ce prélèvement n'a été trouvé. Faites confirmer les prélèvements en vigueur par la douane de chaque pays.
Le corridor Cotonou-Niamey est-il ouvert ?
Selon le ministère chinois du Commerce, la frontière entre le Niger et le Bénin est fermée depuis juillet 2023 et la voie de Cotonou est inutilisable. Le 16 juin 2026, les comités d'experts des deux pays ont remis leurs rapports sur sa réouverture, sans qu'une date soit annoncée, selon un communiqué conjoint des deux gouvernements, et aucune annonce officielle de réouverture n'avait été trouvée en octobre 2026. Vérifiez la situation avant de faire passer du thé par Cotonou.
Qu'est-ce que le transit TRIE ?
C'est le régime de transit routier inter-États (TRIE) de la CEDEAO, institué par la convention A/P.4/5/82 du 29 mai 1982. Les marchandises circulent par la route d'un bureau de douane d'un État à celui d'un autre sans acquitter de droits ni de taxes en chemin, sous scellés, sur un itinéraire et dans un délai fixés, sous une seule déclaration et contre une garantie couvrant au moins les droits et taxes exigibles.
Pourquoi les chiffres chinois sur le thé diffèrent-ils de ceux du Mali ?
Selon les recommandations des Nations unies (IMTS 2010), la Chine enregistre la dernière destination connue au départ du thé, et le Mali le pays d'origine : du thé déclaré par la Chine pour un pays côtier puis revendu au Mali compte comme une vente à ce pays dans les chiffres chinois et comme une importation de Chine dans les chiffres maliens. Le Mali a enregistré 21 654 tonnes de thé chinois en 2021, quand la Chine en déclarait 5 496 tonnes pour lui.
Sources
- 1. CEDEAO : communiqué de presse sur le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger, 29 janvier 2025 (en anglais) · ecowas.int
- 2. CEDEAO : communiqué final de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement, Lungi, 19 juillet 2026 (en anglais) · ecowas.int
- 3. CEDEAO : convention A/P.4/5/82 relative au transit routier inter-États des marchandises, Cotonou, 29 mai 1982 (en anglais) · ecowas.int
- 4. Mali : loi n° 2022-013 du 23 juin 2022 portant Code des douanes, Journal officiel, numéro spécial 9 du 7 juillet 2022 · douanes.gouv.ml
- 5. Niger, gouvernement : frontière Bénin-Niger, les deux comités d'experts remettent leurs rapports aux chefs d'État (communiqué conjoint), 16 juin 2026 · gouv.ne
- 6. UN Comtrade : exportations chinoises de thé (SH 0902) vers le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le monde, 2025 · comtradeapi.un.org
- 7. UN Comtrade : importations de thé (SH 0902) enregistrées par le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en provenance de Chine et du monde, 2024 · comtradeapi.un.org
- 8. TRAINS (CNUCED) via WITS : droit NPF appliqué déclaré par le Mali, le Burkina Faso et le Niger sur le thé vert (SH 0902.10 et 0902.20), toutes années · wits.worldbank.org
- 9. Division de statistique de l'ONU : statistiques du commerce international de marchandises, concepts et définitions 2010 (2011, en anglais) · unstats.un.org
- 10. MOFCOM, Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique et ambassade de Chine au Mali : guide pays de l'investissement et de la coopération à l'étranger, Mali, édition 2025 (en chinois) · mofcom.gov.cn
- 11. MOFCOM, Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique et ambassade de Chine au Niger : guide pays de l'investissement et de la coopération à l'étranger, Niger, édition 2025 (en chinois) · mofcom.gov.cn
- 12. MOFCOM, Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique et ambassade de Chine au Burkina Faso : guide pays de l'investissement et de la coopération à l'étranger, Burkina Faso, édition 2025 (en chinois) · mofcom.gov.cn
- 13. Mali, Direction générale des douanes : Centre d'expertise technique (CET) et Programme moderne de contrôle des importations · douanes.gouv.ml
- 14. Mali, présidence de la République : communiqué du Conseil des ministres du 28 mai 2025 · koulouba.ml
- 15. Burkina Faso, ministère du Commerce, Burkina Trade Portal : procédure intégrale d'importation d'huiles alimentaires via OuagaRinter, mise à jour du 4 décembre 2024 · burkinatradeportal.bf
- 16. Burkina Faso, ministère du Commerce, Burkina Trade Portal : étape de prépaiement en douane d'une procédure intégrale d'importation, mise à jour du 12 novembre 2024 · burkinatradeportal.bf
- 17. OMC : examen des politiques commerciales des pays de l'UEMOA, annexe 2, Burkina Faso (WT/TPR/S/362, 2017) · wto.org