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Marchés

Réexportation du thé en Gambie, importations en Guinée

Réexportation du thé en Gambie : 8 638 t déclarées par la Chine en 2025, 3,6 kg par habitant, mais bien moins selon la douane gambienne. Guinée : 0,3 kg.

Illustration : une longue pirogue en bois amarrée à une rive calme à l’aube, chargée de cartons sans inscription et de sacs ficelés, avec des mangroves le long de l’eau et un auvent de marché vide sur la berge.
Illustration générée par IA

L'essentiel

  • La Chine a déclaré 8 638 tonnes de thé à destination de la Gambie en 2025, pour 31,0 millions de dollars, soit environ 3,6 kg pour chacune des 2 422 712 personnes recensées en 2024, contre 1,3 kg par habitant pour le Sénégal (calcul de The Tea Trade d'après UN Comtrade, le Bureau gambien de la statistique et la Banque mondiale).
  • En 2024, les statistiques douanières gambiennes ont enregistré 3 965 tonnes de thé importées toutes origines confondues, dont 3 300 en provenance de Chine, alors que la Chine a déclaré 8 376 tonnes de thé pour la Gambie, selon UN Comtrade.
  • La Gambie a enregistré 131 tonnes de réexportations de thé en 2024, dont 124 vers le Sénégal, bien que le rapport du Secrétariat de l'OMC de décembre 2025 pour l'examen des politiques commerciales cite le thé parmi les marchandises que la Gambie a historiquement réexportées vers la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.
  • La Chine a déclaré 5 179 tonnes de thé pour la Guinée en 2025 (+35,8 %), soit environ 0,3 kg pour chacun des 17 521 167 habitants recensés en Guinée en 2025 (calcul de The Tea Trade d'après UN Comtrade et l'INS).
  • Le thé importé en Gambie acquitte un droit de douane de 10 % au titre du tarif extérieur commun de la CEDEAO (TRAINS de la CNUCED, données 2023), puis quatre prélèvements frontaliers totalisant 3,2 % de la valeur CAF et une TVA de 15 %, selon le rapport du Secrétariat de l'OMC de décembre 2025 pour l'examen des politiques commerciales.

La Chine a déclaré 8 638 tonnes de thé à destination de la Gambie en 2025, soit environ 3,6 kg par personne recensée en 2024 et plus du double du chiffre du Sénégal, selon UN Comtrade et le calcul de The Tea Trade. Cela correspond au rôle de plaque tournante de la réexportation que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et une étude de 2007 pilotée par la Banque mondiale attribuent à la Gambie, thé compris. Pourtant, la douane gambienne n’a enregistré en 2024 que 3 965 tonnes de thé importé et 131 tonnes de thé réexporté : les statistiques ne permettent pas de savoir où va le reste du tonnage chinois. La Guinée (Conakry) ne suit pas ce schéma : les 5 179 tonnes que la Chine lui a destinées en 2025 représentent environ 0,3 kg par habitant.

Exportations chinoises de thé vers la Gambie et la Guinée, 2015-2025

Les chiffres de la douane chinoise (海关总署), tels que transmis à UN Comtrade, sont la seule série qui couvre les deux pays jusqu’en 2025. En 2025, la Gambie était la 16e destination du thé chinois en volume et la Guinée la 21e (classement de The Tea Trade d’après UN Comtrade ; voir notre guide des marchés d’exportation du thé chinois).

Exportations chinoises de thé vers la Gambie et la Guinée, 2015 et 2020-2025 (SH 0902, tous thés ; source : UN Comtrade via WITS, chiffres déclarés par la Chine)

Année Gambie (t) Gambie (millions de dollars) Guinée (t) Guinée (millions de dollars)
2015 4 627,3 18,93 2 632,5 7,18
2020 5 534,5 21,92 3 251,3 11,79
2021 5 973,7 21,34 3 543,5 13,17
2022 5 616,6 19,74 3 264,8 12,10
2023 8 048,2 29,53 3 528,8 14,04
2024 8 376,4 30,41 3 813,2 15,62
2025 8 638,3 31,00 5 179,1 20,97

De 2015 à 2025, le tonnage a progressé de 86,7 % pour la Gambie et de 96,7 % pour la Guinée, contre 28,9 % pour l’ensemble des exportations chinoises de thé, avec un bond en 2023 pour la Gambie (+43,3 %) et en 2025 pour la Guinée (+35,8 %). Il s’agit presque entièrement de thé vert conditionné en Chine : en 2025, 99,2 % du thé déclaré pour la Gambie et la totalité de celui de la Guinée relevaient de la sous-position SH 0902.10, thé vert en emballages immédiats de 3 kg au plus. La valeur moyenne à l’exportation était de 3,59 dollars le kilo pour la Gambie et de 4,05 dollars pour la Guinée (valeur ÷ volume ; calcul de The Tea Trade). En 2025, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone et le Libéria ont chacun reçu moins de 450 tonnes de thé chinois.

Thé chinois par habitant : la Gambie se distingue, pas la Guinée

Le recensement de la population et de l’habitat de 2024 a dénombré 2 422 712 personnes en Gambie, selon le Bureau gambien de la statistique (GBoS). Le quatrième recensement général guinéen (RGPH-4), réalisé en 2025, a compté 17 521 167 habitants, selon les résultats préliminaires de l’Institut national de la statistique (INS). Rapporté aux déclarations chinoises de 2025, cela donne 8 638 330 kg ÷ 2 422 712 = 3,57 kg par personne en Gambie et 5 179 146 kg ÷ 17 521 167 = 0,30 kg en Guinée (calcul de The Tea Trade).

Thé de Chine par habitant en 2025 (exportations déclarées par la Chine ÷ population ; sources : UN Comtrade via WITS, GBoS, INS, Banque mondiale)

Pays Exportations chinoises (t) Population (source) kg par habitant
Gambie 8 638,3 2 422 712 (recensement 2024) 3,57
Gambie 8 638,3 2 822 093 (Banque mondiale) 3,06
Mauritanie 20 116,7 5 315 065 (Banque mondiale) 3,78
Sénégal 24 448,9 18 931 966 (Banque mondiale) 1,29
Mali 10 325,9 25 198 821 (Banque mondiale) 0,41
Guinée 5 179,1 15 099 727 (Banque mondiale) 0,34
Guinée 5 179,1 17 521 167 (recensement 2025) 0,30
Guinée-Bissau 46,1 2 249 515 (Banque mondiale) 0,02

L’estimation 2025 de la Banque mondiale dépasse de 16 % le recensement gambien et reste inférieure de 14 % au recensement guinéen, sans changer l’ordre. Quelle que soit la base retenue, la Chine déclare par habitant 2,4 à 2,8 fois plus de thé pour la Gambie que pour le Sénégal, qui l’enserre presque entièrement, et moins pour la Guinée que pour le Mali. Ces chiffres mesurent les déclarations chinoises, non les importations ni la consommation de chaque pays, et ils ne prouvent pas à eux seuls des réexportations : la Chine en déclare davantage encore par habitant pour la Mauritanie, alors que les statistiques mauritaniennes montrent peu de thé repartant vers les voisins, comme l’explique notre guide du commerce du thé vert en Mauritanie.

Ce qu’enregistre la douane gambienne

Les chiffres que la Gambie transmet à UN Comtrade racontent une autre histoire.

Le thé de Chine vers la Gambie : déclarations chinoises et chiffres gambiens, 2020-2024 (SH 0902 ; source : UN Comtrade via WITS)

Année Déclaré par la Chine (t) Enregistré par la Gambie, en provenance de Chine (t) Enregistré par la Gambie, toutes origines (t) Part du tonnage chinois enregistrée Réexportations de thé enregistrées (t)
2020 5 534,5 3 442,2 4 150,1 62,2 % –
2021 5 973,7 2 209,5 3 113,9 37,0 % –
2022 5 616,6 584,9 1 452,4 10,4 % –
2023 8 048,2 1 240,9 2 205,2 15,4 % –
2024 8 376,4 3 299,8 3 965,3 39,4 % 130,9

« – » : aucune exportation ni réexportation de thé déclarée. Parts : calcul de The Tea Trade.

Graphique en barres appariées du thé de Chine vers la Gambie (SH 0902), de 2017 à 2024, en tonnes. Exportations déclarées par la Chine : 3 620 en 2017, 3 843 en 2018, 6 167 en 2019, 5 535 en 2020, 5 974 en 2021, 5 617 en 2022, 8 048 en 2023 et 8 376 en 2024 ; importations depuis la Chine enregistrées par la Gambie : 3 428, 4 220, 5 165, 3 442, 2 209, 585, 1 241 et 3 300. La Gambie a enregistré 94 % du tonnage chinois en 2017-2019 et 32 % en 2020-2024. Source : UN Comtrade via WITS, chiffres déclarés par la Chine et par la Gambie (2017-2024)

Les deux séries étaient proches en 2017-2019, quand la Gambie enregistrait 94,0 % du tonnage déclaré par la Chine, puis elles ont divergé : sur 2020-2024, la Gambie a enregistré 10 777 tonnes de thé en provenance de Chine, contre 33 549 tonnes déclarées par la Chine, soit 32,1 %, ce qui laisse 22 772 tonnes présentes dans les statistiques chinoises mais absentes des importations gambiennes (calcul de The Tea Trade). L’écart de valeur est plus grand encore : de 0,30 à 0,57 dollar le kilo (CAF) dans les chiffres gambiens de 2020-2024, contre 3,51 à 3,96 dollars le kilo (FOB) dans les déclarations chinoises, un écart que les statistiques n’expliquent pas.

Les réexportations enregistrées sont faibles. La Gambie n’a déclaré aucune exportation de thé de 2020 à 2023, puis 130,9 tonnes en 2024, toutes en réexportation (124,0 tonnes vers le Sénégal, 6,9 vers la Guinée-Bissau), soit 1,6 % de ce que la Chine avait déclaré pour la Gambie cette année-là.

Ce qu’enregistrent le Sénégal, le Mali et la Guinée-Bissau

Du thé réexporté sous contrôle douanier devrait apparaître dans les importations des voisins, comme thé venu de Gambie ou, puisque l’importateur enregistre l’origine, comme thé chinois. Leurs statistiques ne montrent guère ni l’un ni l’autre :

  • Sénégal : aucun thé en provenance de Gambie, de Guinée ou de Guinée-Bissau en 2024. Ses 7 951 tonnes de thé chinois représentent 52,5 % de ce que la Chine a déclaré pour le Sénégal : aucun surplus de thé chinois qui aurait pu arriver par la route.
  • Mali : aucun thé en provenance de Gambie ou de Guinée en 2024, mais 9 500 tonnes de thé chinois, soit 2 891 tonnes de plus que ce que la Chine a déclaré pour le Mali. Ce surplus a sans doute été déclaré par la Chine pour un autre pays ; les statistiques ne disent pas lequel. Notre guide des corridors du thé au Sahel présente les routes d’approvisionnement du Mali.
  • Guinée-Bissau : ses derniers chiffres, ceux de 2018, font état de 385 tonnes de thé importées, dont 266 tonnes du Sénégal et 83 tonnes de Gambie, laquelle n’avait déclaré que 2,5 tonnes d’exportations de thé vers ce pays.

Ce que disent les sources officielles de la réexportation gambienne

Le rapport du Secrétariat de l’OMC pour l’examen des politiques commerciales de la Gambie, daté de décembre 2025, qualifie le port de Banjul de plaque tournante de la réexportation vers le Sénégal, le Mali et la Guinée-Bissau. Citant la politique nationale des transports, il évalue la réexportation à environ 15 % du PIB, 20 % des recettes publiques et 85 % des exportations totales, et range le thé parmi les marchandises étrangères que la Gambie a historiquement redistribuées, avec les textiles, les véhicules, le riz, le sucre et les matériaux de construction, vers la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Dans la balance des paiements présentée par l’examen, d’après les données des autorités gambiennes, les réexportations atteignent 309,9 millions de dollars en 2024, soit 85,3 % des exportations de biens, alors que les chiffres douaniers transmis à UN Comtrade ne font état que de 49,6 millions de dollars d’exportations de marchandises au total. L’examen décrit les réexportations comme surtout des produits énergétiques et alimentaires, et ajoute qu’une part importante des exportations passe par des circuits informels avec le Sénégal, la Guinée et la Guinée-Bissau.

L’étude la plus détaillée est plus ancienne : l’étude diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC) de juillet 2007, pilotée par la Banque mondiale, ne trouvait aucune donnée fiable sur la réexportation, alors estimée à environ 80 % des exportations totales. Les réexportations officielles représentaient en moyenne 1 % des importations de marchandises en 2000-2005, et les statistiques sénégalaises ne montraient presque aucune arrivée des principaux produits réexportés depuis la Gambie : l’étude en concluait que les passages de frontière étaient mal enregistrés, que l’essentiel des réexportations passait de manière informelle, ou les deux. Elle rangeait le thé parmi les principaux produits réexportés, relevait en octobre 2006 un prix de gros du thé vert supérieur de 23,1 % à Dakar par rapport à Banjul, et chiffrait les taxes à l’importation sur le thé à 28,3 % en Gambie contre 37,3 % au Sénégal fin 2006. Selon des observateurs cités par l’étude, environ la moitié des réexportations gambiennes allait au Sénégal et un quart en Guinée.

Transit, réexportation et commerce non enregistré

Les recommandations des Nations unies sur les statistiques du commerce international (IMTS 2010) expliquent comment un flux peut disparaître d’une série à l’autre :

  • Transit : les marchandises simplement acheminées à travers un pays vers un pays tiers connu sont exclues de ses importations et exportations, quel que soit le régime douanier.
  • Réexportation : les marchandises qui changent de propriétaire après leur entrée dans un pays, hors régime de transit, et en ressortent en l’état sont comptées comme importations, puis comme réexportations.
  • Pays partenaire : l’importateur enregistre le pays d’origine, l’exportateur le dernier pays de destination connu. Du thé déclaré par la Chine pour la Gambie puis acheminé en transit apparaîtrait comme thé chinois dans les importations du pays suivant, et dans aucune des séries gambiennes.

La douane gambienne prévoit l’un et l’autre. Les marchandises en transit douanier n’acquittent ni droits ni taxes en Gambie si elles sont présentées intactes, sous scellé douanier, au bureau de destination, dans un délai de 15 jours ouvrables sauf prolongation, et elles peuvent attendre en entrepôt sous douane sans acquitter droits et taxes, selon la Gambia Revenue Authority (GRA, l’administration fiscale et douanière ; vérifié en octobre 2026).

Les statistiques s’arrêtent là : le transit, le commerce transfrontalier non enregistré et les décalages dans le temps pourraient chacun expliquer une partie des tonnes manquantes, mais aucune source consultée ne mesure la part du thé qui emprunte chaque voie.

Importer du thé en Gambie : règles et prélèvements de la GRA

La Gambie applique depuis 2017 le tarif extérieur commun (TEC) de la CEDEAO à cinq bandes, selon l’OMC ; notre guide des droits de douane sur le thé en Afrique de l’Ouest présente ce tarif et les prélèvements des autres membres. Les droits sur le thé n’ont pas toujours été ceux du Sénégal :

Droit appliqué au thé vert, par année de données tarifaires (SH 0902.10 et 0902.20, même taux pour les deux ; source : base TRAINS de la CNUCED, via WITS)

Pays Taux déclarés
Gambie 10 % (2003) ; 20 % (2007-2009) ; 10 % (2010-2013, 2017-2023)
Guinée 7 % (1998, 2004) ; 20 % (2005, 2008-2013) ; 10 % (2017-2023)
Sénégal 10 % (chaque année de 2001 à 2023)

Aucune donnée pour les années non citées ; 2023 était la dernière année disponible en octobre 2026.

Prélèvements sur le thé importé de Chine en Gambie (sources : TRAINS de la CNUCED via WITS, données 2023, pour le taux du droit de douane ; rapport de l’OMC pour l’examen des politiques commerciales, décembre 2025, pour le reste)

Prélèvement Taux Assiette
Droit de douane (TEC de la CEDEAO) 10 % valeur CAF
Prélèvement de la CEDEAO 0,5 % valeur CAF, importations hors CEDEAO
Prélèvement de l’Union africaine 0,2 % valeur CAF, importations hors Union africaine
Redevance de traitement douanier 1,5 % valeur CAF, toutes importations
Redevance du guichet unique national 1,0 % valeur CAF
TVA 15 % prix après droits d’importation et d’accise

Les quatre prélèvements frontaliers totalisent 3,2 % de la valeur CAF. La page de questions-réponses de la GRA affiche encore des taux plus anciens, comme un prélèvement CEDEAO de 1 % et une redevance de traitement de 1,55 %, que l’OMC juge dépassés. Le Sénégal applique pour sa part une TVA de 18 % et une taxe de 5 % sur le thé, prévues par son Code général des impôts, en plus du droit de douane et des prélèvements communautaires.

La procédure douanière, selon le même rapport de l’OMC (la loi douanière et d’accise de 2010, Customs and Excise Act, est le principal texte douanier) :

  • Documents : le document administratif unique, une facture commerciale indiquant la valeur CAF, le connaissement ou la lettre de transport aérien, les listes de colisage et le numéro d’identification fiscale de l’importateur, déposés dans SYDONIA World (depuis 2022).
  • Déclarants : le personnel habilité de l’importateur ou un commissionnaire en douane agréé, qui doit être de nationalité gambienne et verser une caution de 1 million de dalasis.
  • Contrôles : pas d’inspection générale avant expédition ; en 2024, 61 % des marchandises, en valeur, sont passées par le circuit rouge (visite physique).
  • Transit routier : les marchandises circulant sous le régime du transit routier inter-États de la CEDEAO (TRIE) acquittent un prélèvement de transit de 0,35 % et des frais d’escorte de 500 à 1 000 dalasis pour un agent des douanes, de Banjul à la frontière de sortie.
  • Interdiction : le thé épuisé figure parmi les importations prohibées (huitième annexe, partie A).

Un accord de coopération sur le commerce et le transit signé en mars 2020 par la Gambie et le Sénégal vise notamment à accélérer l’acheminement des marchandises destinées à la Guinée-Bissau et à la Guinée ; le système automatisé de gestion du transit (SIGMAT) que les deux pays s’étaient engagés à adopter n’était toujours pas en place en 2025, selon l’OMC.

La Guinée, destination des réexportations gambiennes plutôt que plaque tournante

Les chiffres guinéens s’arrêtent en 2016 : 3 663 tonnes de thé importées, dont 2 925 (79,8 %) de Chine, et aucune exportation de thé, un volume proche des 2 633 à 2 869 tonnes déclarées par la Chine pour la Guinée en 2015 et 2017 (le tonnage chinois de 2016 est incomplet dans UN Comtrade). Les sources consultées présentent surtout la Guinée comme un marché approvisionné via la Gambie, qu’il s’agisse de l’étude de 2007, de l’examen de l’OMC ou de l’accord de 2020. Aucune des sources consultées pour ce guide ne décrit la Guinée comme réexportatrice de thé vers ses propres voisins.

Le Code des douanes guinéen (loi L/2015/007/AN du 25 mai 2015) réserve la déclaration en détail aux détenteurs ou propriétaires des marchandises et aux commissionnaires en douane agréés. Il définit la réexportation comme le renvoi en l’état à l’étranger de marchandises entrées sans acquitter les droits et taxes de mise à la consommation, et autorise le transit sous douane d’un bureau à un autre, autrement que par voie maritime, en suspension des droits et taxes. Le dédouanement passe par SYDONIA World et par le guichet unique du commerce extérieur (GUCEG), où les opérateurs déposent leurs déclarations d’intention d’importation, paient en ligne et peuvent simuler les droits, taxes et redevances d’une ligne tarifaire (vérifié en octobre 2026). Le taux de TVA et les autres prélèvements guinéens à l’importation n’ont pas pu être confirmés par un texte officiel. Les règles d’inspection des importations en Guinée sont présentées dans notre guide de l’inspection avant embarquement du thé.

En pratique, pour exporter du thé vers la Gambie et la Guinée

  • Taille du marché : les chiffres chinois situent la Gambie entre 8 000 et 8 600 tonnes par an en 2023-2025, la Guinée entre 3 500 et 5 200 tonnes. Les chiffres gambiens étant bien plus bas, ne lisez le chiffre chinois ni comme la consommation gambienne ni comme la preuve de reventes aux voisins.
  • Transit ou mise à la consommation : si votre acheteur compte réacheminer le thé vers le Sénégal, le Mali ou la Guinée-Bissau, convenez avant l’expédition s’il voyagera en transit douanier, sous scellé et en suspension de droits, ou s’il sera dédouané pour la consommation en Gambie : droits et documents diffèrent.
  • Prélèvements : en Gambie, prévoyez le droit de 10 %, 3,2 % de prélèvements frontaliers et la TVA de 15 %, et faites-les confirmer par un commissionnaire agréé. En Guinée, vérifiez votre ligne tarifaire sur le simulateur du GUCEG et passez par un commissionnaire agréé à Conakry.

Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal : faites confirmer la procédure, les documents et les taux par un commissionnaire en douane avant chaque expédition.

Questions fréquentes

La Gambie réexporte-t-elle du thé chinois vers le Sénégal et ses autres voisins ?

Les sources officielles décrivent de longue date des réexportations de thé : le rapport du Secrétariat de l'OMC de décembre 2025 cite le thé parmi les marchandises que la Gambie a historiquement réexportées vers ses voisins, et une étude de 2007 pilotée par la Banque mondiale constatait que l'essentiel des réexportations échappait aux statistiques. La douane gambienne n'a enregistré que 131 tonnes de réexportations de thé en 2024 : l'ampleur du flux n'est pas mesurée.

Combien de thé la Chine exporte-t-elle vers la Gambie ?

8 638 tonnes pour 31,0 millions de dollars en 2025, selon les chiffres chinois d'UN Comtrade, ce qui fait de la Gambie la 16e destination du thé chinois en volume. 99,2 % de ce thé était du thé vert en emballages de 3 kg au plus.

Combien de thé la Guinée importe-t-elle ?

La Chine a déclaré 5 179 tonnes de thé pour la Guinée en 2025, pour 21,0 millions de dollars, uniquement du thé vert en emballages de 3 kg au plus (UN Comtrade). Les dernières statistiques guinéennes, celles de 2016, font état de 3 663 tonnes de thé importées, dont 79,8 % de Chine.

Quels droits et taxes s'appliquent au thé importé en Gambie ?

Un droit de douane de 10 % au titre du tarif extérieur commun de la CEDEAO (TRAINS de la CNUCED, données 2023), puis, selon le rapport du Secrétariat de l'OMC de décembre 2025, un prélèvement CEDEAO de 0,5 %, un prélèvement de l'Union africaine de 0,2 %, une redevance de traitement de 1,5 % et une redevance de guichet unique de 1 % sur la valeur CAF, et la TVA de 15 %. Faites confirmer les taux en vigueur par un commissionnaire agréé.

Pourquoi les chiffres gambiens diffèrent-ils des chiffres chinois ?

La Gambie a enregistré 94,0 % du tonnage déclaré par la Chine en 2017-2019, mais seulement 32,1 % en 2020-2024. Les marchandises en transit sont exclues des importations du pays traversé et une grande partie du commerce régional n'est pas enregistrée, mais aucune source ne mesure ce qui explique l'écart.

La Guinée est-elle une plaque tournante de la réexportation du thé chinois ?

Les chiffres ne le montrent pas. Les envois chinois de 2025 représentent environ 0,3 kg par habitant guinéen, bien moins qu'en Gambie ou au Sénégal, et les sources consultées présentent surtout la Guinée comme une destination des marchandises réexportées depuis la Gambie.

Sources

  1. 1. Bureau gambien de la statistique (GBoS) : recensement de la population et de l'habitat 2024, rapport préliminaire (août 2024, en anglais) · gbosdata.org
  2. 2. Guinée, Institut national de la statistique (INS) : quatrième recensement général de la population et de l'habitation (RGPH-4, 2025), résultats préliminaires · stat-guinee.org
  3. 3. Gambia Revenue Authority : questions-réponses sur les douanes et accises (vérifié en octobre 2026, en anglais) · gra.gm
  4. 4. Guinée : Code des douanes, loi L/2015/007/AN du 25 mai 2015, modifiée par la loi de finances 2017 (Journal officiel) · journal-officiel.sgg.gov.gn
  5. 5. OMC : examen des politiques commerciales, Gambie, rapport du Secrétariat (WT/TPR/S/482, 17 décembre 2025), WTO iLibrary, en anglais · wto-ilibrary.org
  6. 6. UN Comtrade via WITS : exportations chinoises de thé (SH 0902) par partenaire, 2025 · wits.worldbank.org
  7. 7. UN Comtrade via WITS : importations gambiennes de thé (SH 0902) par partenaire, 2024 · wits.worldbank.org
  8. 8. UN Comtrade : réexportations gambiennes de thé (SH 0902) par partenaire, 2024 · comtradeapi.un.org
  9. 9. Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde : population totale (SP.POP.TOTL), 2023-2025, huit pays d'Afrique de l'Ouest · api.worldbank.org
  10. 10. TRAINS (CNUCED) via WITS : droit NPF appliqué déclaré par la Gambie, la Guinée et le Sénégal sur le thé vert (SH 0902.10 et 0902.20), toutes années · wits.worldbank.org
  11. 11. Division de statistique de l'ONU : statistiques du commerce international de marchandises, concepts et définitions 2010 (2011, en anglais) · unstats.un.org
  12. 12. Cadre intégré, étude diagnostique sur l'intégration du commerce pilotée par la Banque mondiale : The Gambia, From Entrepôt to Exporter and Eco-tourism (juillet 2007, en anglais) · webfs.oecd.org

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